🪔 Le Roi Est Empereur En Son Royaume

Pendantprès de six ans, Caligula est quasiment séquestré à Capri par Tibère qui, faute de mieux, finit par en faire son héritier. En public, il contrôle parfaitement ses émotions. Toute la haine qu’il contient trouve un exutoire dans les combats de gladiateurs qu’il aime particulièrement sanglants, le spectacle des condamnations à mort, les bagarres la nuit dans les rues sombres Ilest établi selon le droit privé que Clovis avait fait inscrire dans la loi salique : en 511, c'est donc avant tout le partage d'un patrimoine, celui des héritiers d'un roi propriétaire de son royaume qu'on observe. On peut, à la lumière de cette remarque, comprendre que la royauté des Francs ignorait la notion de " biens publics "(la res publica des Romains) et donc d'État. La Pépinle Bref, détrôna le dernier roi mérovingien, prit le pouvoir et se fit sacrer roi. En 768, son fils Charlemagne lui succéda. Homme conquérant, il agrandit le royaume en conquérant de nouveaux territoires dans toute l'Europe de l'ouest. Le pape sacra Charlemagne empereur en 800 à Rome (le 25 décembre). Charlemagne fonda la MichelDavid-Weill : mort du « dernier empereur de Wall Street ». L’homme de 89 ans s’est éteint, dans la nuit de jeudi à vendredi. Il fut le LeRoyaume des Francs est fragile car les luttes entre seigneurs sont permanentes et les membres de la haute aristocratie deviennent de plus en plus exigeants. Les souverains dilapident leur patrimoine et s’appauvrissent en échange de leur fidélité. A la mort de Dagobert en 639, son fils ainé Sigebert III conserve l’Austrasie, tandis que Clovis II devient roi des Francs à l’âge de Les rois de France, mes aïeux, ont très tôt fixéleur doctrine : le roi, souverain béni par l’onction du sacre, selon une belle formule définie par les juristes “est empereur en son royaume”. Elleest toujours en cavale. Premier tournoi du Royaume pour trouver le champion des terres, Carrius d’Orlaloy en ressort vainqueur. Il porte encore le titre à ce jour. Vax Em’Louki, sorcier du Roi s’est aventuré dans la vallée des murmures et y est resté coincé. Une expédition a été organisée pour le sauver, bien que cette Lamaxime « le roi de France est empereur en son royaume », datant du XIII° siècle illustre parfaitement l'affirmation de la souveraineté royale à cette période de l'histoire. On voit en effet, l'indépendance du royaume face en premier lieu à l'Empire Germanique, puis en second lieu, face à la Papauté. Vasteroyaume fondé entre le XVe et le XVIe siècle, le royaume de Nikki a pour Cœur Ouénou, une petite localité située à 7 km de la ville de Nikki. Mais le territoire comprend tout le Borgou, une partie de l'Atacora et une partie du Nigéria. Les villes qui composent le royaume de Nikki sont nombreuses à savoir Nikki, N'Dali, Kalalé Malgréun commerce florissant, les performances économiques du royaume et de son dirigeant, appelé le Seigneur des mines, sont peu connues au-delà de ses terres. C'est en 1324, lors de son Lesmeilleures offres pour Journal Le Impression Le Roi Empereur Est Al Avant Juin 1940 sont sur eBay Comparez les prix et les spécificités des produits neufs et d 'occasion Pleins d 'articles en livraison gratuite! sonroyaume. Pendant ce temps, Renart, à qui le roi a confié la protection du royaume et de la reine, parvient, au moyen d’une fausse dépêche7, à prendre la place de Noble: il est fait empereur et épouse Fière! À son retour de la guerre contre les Païens, Noble doit mettre le siège devant son propre château; Renart, désespérant de Lebrouillon d’un télégramme du roi Georges VI à l’empereur Hirohito, présentant ses condoléances suite au décès de son altesse impériale, Masako, sixième fille Engros, si tu est empereur de France et que tu contrôle le royaume d'angleterre, tu pourra intégré le royaume d'angleterre dans l'empire de En1529, une paix précaire (dite Paix des Dames) négociée par Louise de Savoie représentant le roi de France et Marguerite d'Autriche pour l'empereur est signée à Cambrai. Menaces sur l'Empire Lors de chacun des ps00. La définition du roi comme seigneur apparaît au moment de son sacre, dans le matériel chevaleresque qui lui est remis l'épée et les éperons avec la formule Le roi ne tient son royaume que de Dieu et de son épée ». Le royaume devient un bien privé que le monarque reçoit par hérédité et sur lequel il exerce son plein pouvoir. Le roi est souverain, c'est-à-dire que lui seul peut reconnaître les droits attachés à une terre, à une ville, à une province ou encore à un individu exerçant une fonction au nom du roi. Il admet ainsi un fractionnement de la puissance publique et l'utilise finalement comme pièce maîtresse de la société de par la main de justice et le dais lors de la cérémonie du sacre, le roi détient le pouvoir de juge suprême. Lorsque le roi fait régner l'ordre et la justice, il agit comme Dieu et la loi royale se confond avec la loi divine. Elle suggère l'idée de principes supérieurs à la volonté du monarque, ce sont les lois dites lois fondamentalesElles sont au nombre de trois et fixent les règles d'accession au trône de France la primogéniture mâle la fonction monarchique est indivisible et déléguée héréditairement, de mâle en mâle, à la lignée régnante par ordre de naissance, à l'exclusion des femmes et de leur descendance. Elle inclut la loi salique » qui interdit la succession au trône par les femmes ;le roi est majeur à treize ans révolus depuis une ordonnance royale de 1374 ;le roi est loi salique permet par exemple à Philippe VI de Valois, neveu du roi Philippe IV le Bel, de monter sur le trône de France en 1328 à la place du prétendant masculin le plus direct, le roi d’Angleterre Edouard III, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère Isabelle. La loi salique impose aux rois un ordre de succession qu'ils ne peuvent pas modifier ; c'est la notion de royaume immuable et indépendant de la personne du vers la monarchie absolueDès le XVIe siècle, de nouvelles formules s'élaborent pour préciser la notion de monarchie absolue et finissent par consolider la théorie de l'absolutisme de droit divin qui resplendira sous Louis XIV.L'unification des deux corps du roi le corps mortel du roi et le corps immortel du royaume fusionnent dans la personne du souverain ; on retrouve ce principe dans la maxime Le roi ne meurt jamais ».La souveraineté est absolue c'est le juriste Jean Bodin qui pose la notion de souveraineté absolue en 1576, durant la période de guerres de religion. Il estime que la souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle » et qu'elle ne peut appartenir qu'à une personne. Tous les hommes doivent se soumettre à la loi du roi. En 1632, un autre juriste français, Cardin Le Bret, parvient à cette définition très concise La souveraineté n'est pas plus divisible que le point en géométrie ».Le droit divin des rois dans un monde où tout vient de Dieu, les rois déclarent d'abord n'avoir de compte à rendre qu'à Dieu puis prétendent être l'image de Dieu aux yeux des hommes. Le droit divin des rois de France s'est certainement construit par imitation de l'exemple pontifical. Les Jésuites Compagnie de Jésus fondée en 1540 s'opposent à ce développement qu'ils jugent sacrilège et vont jusqu'à justifier le régicide si le monarque se comporte comme un tyran. Issu de la branche aînée de la Maison de Hesse, landgrave de Hesse-Cassel, né en Prusse mais vivant dès 1875 au Danemark où son père Frédéric de Hesse est un temps l’un des prétendants au trône, Frédéric-Charles épouse en 1893 Marguerite de Prusse. Elle est la sœur de l’empereur allemand Guillaume II et la petite-fille de la reine Victoria du Royaume-Uni. Le jeune couple s’installe dans le splendide château de Krönberg, près de Francfort, en 1901. Frédéric-Charles est général dans l’infanterie prussienne et il leur naîtra six enfants, tous des garçons. Le langrave Frédéric-Charles de Hesse-Cassel et son épouse, la princesse Marguerite de Prusse Image domaine public Lire aussi Nicolas 1e de Monténégro le premier et dernier roi du Monténégro Pas un destin de roi Son père avait renoncé à prétendre au trône du Danemark et rien ne prédisposait Frédéric-Charles à ambitionner de régner un jour, d’autant qu’aucun royaume n’était vacant ni aucun trône à revendiquer… Mais c’était sans compter sur les soubresauts de l’Histoire, si troublée en ce début du XXe siècle qui se dirige inexorablement vers la guerre. Les intérêts des grandes puissances en présence vont faire se croiser le destin d’un pays du nord de l’Europe et celui du landgrave prussien devenu chef de la Maison de Hesse. Le prince Frédéric-Charles, landgrave de Hesse-Darmstadt fut élu roi de Finlande en 1918 Photo domaine public Lire aussi Qui aurait pu diriger la France en 1830 ? Entre deux royaumes, de la Suède à la Russie Ensemble de provinces sous domination suédoise jusqu’au début du XIXe siècle, la Finlande proprement dite acquiert le statut de grand-duché autonome lorsque la Russie la conquiert à l’issue de la guerre de Suède en 1809. Le sentiment d’identité finlandaise, à la fois culturel et politique, progresse alors, combattu par la politique de russification ». Et c’est grâce aux soubresauts de la révolution de 1917 qu’un siècle plus tard, ce pays va gagner son indépendance. Un an de guerre civile oppose les participants de l’armée blanche » aux troupes des rouges ». Commandés par le général Mannerheim, aide de camp de l’empereur allemand, les Blancs sont victorieux et écrasent les bolcheviks avec l’aide prussienne. Un désir de royauté ? Le peuple finlandais avait-il un réel désir de royauté ? Dans la période troublée qui s’annonce, alors que le pays vient d’affirmer sa toute jeune indépendance, le 6 décembre 1917, rien n’est moins sûr. Le parti conservateur est le vainqueur, son allié le Kaiser, l’empereur d’Allemagne, qui n’a pas encore perdu la guerre. Il faut définitivement se débarrasser de la Russie, impériale et bolchevique, et le chef du gouvernement finlandais s’autoproclame régent, ouvrant la voie à l’établissement d’une monarchie en Finlande. Une monarchie sans monarque, que l’on ira chercher du côté allemand, parmi les grandes familles princières, en reconnaissance de l’aide apportée à la victoire sur les soldats soviétiques. Lire aussi Catherine Cornaro La dernière reine de Chypre Un roi élu… à distance Le fragile gouvernement conservateur s’est enfin prononcé officiellement, aux termes de la guerre civile qui a vu la déroute des rouges » finlandais en mai 1918, pour l’avènement de la monarchie. Le trône n’attire guère de prétendants… Pressenti, Frédéric-Charles de Hesse-Cassel devra d’abord recueillir l’assentiment du gouvernement du Reich, qu’il obtient en août 1918 ; et c’est le 9 octobre 1918 que le parlement finlandais avalise son élection. Frédéric-Charles, fils du chef de l’ancien landgraviat de Hesse-Cassel se retrouve à la tête d’un nouveau royaume d’environ 1 million d’habitants avec pour nom de roi Frederik Kaarle, en langue locale. Parfois appelé Charles 1e de Finlande dans les livres d’histoire francophones. Le nouveau roi de Finlande demeure cependant sujet allemand – il ne s’est d’ailleurs pas déplacé dans son nouveau royaume et n’aura pas le temps de s’y rendre -, les institutions finlandaises sont calquées sur celles de la Prusse, mentor protecteur, rempart affiché contre l’immense voisin russe devenu communiste. L’Histoire en marche La victoire des Alliés change la donne et l’Armistice, le 11 novembre 1918, sonne la fin des combats. Beau-frère de l’empereur allemand vaincu, Frédéric-Charles n’est pas le prétendant idéal… Il cède à la pression des vainqueurs et abdique le 14 décembre 1918. Il ne ceindra jamais la couronne qui avait été imaginée pour son sacre. Bien vite, l’idée monarchique perdra du terrain, la République sera proclamée en Finlande en juillet 1919, fermant à tout jamais une parenthèse parfois oubliée. Charles 1e de Finlande ne posa jamais la couronne sur sa tête. La couronne n’eut pas le temps d’être fabriquée. Cette couronne est une réplique exposée en Finlande, fabriquée selon les dessins de l’époque Photo WikiCommons Lire aussi Alice Keppel l’arrière-grand-mère de Camilla maitresse d’Édouard VII Une république parmi les royaumes scandinaves Les sources restent discrètes sur l’abdication du monarque éphémère… Frédéric-Charles et son épouse auront la douleur de perdre deux de leurs fils pendant la Première Guerre mondiale mais ils auront une nombreuse descendance, toujours vivante aujourd’hui, comme le demeure la Maison de Hesse. On s’intéresse parfois à Frédéric-Charles pour l’exploit » d’avoir régné deux mois seulement même si d’autres ont battu ce record. La Finlande est aujourd’hui la seule république aux pays des royaumes du Nord, n’est-ce pas le plus étonnant des paradoxes ? Lire aussi Estelle de Suède rencontre son aïeule l’héroïne Christine Gyllenstierna Qui était Frédéric-Charles de Hesse-Cassel, roi de Finlande ? Le landgraviat de Hesse-Cassel fut fondé en 1567, à la mort du landgrave Philippe 1e de Hesse, qui divisa son territoire entre ses fils. Quatre landgraviats furent créés, un pour chaque fils Hesse-Cassel, Hesse-Darmstadt, Hesse-Rheinfels, Hesse-Marburg. Certains ont perduré plus longtemps que d’autres. Le landgraviat de Hesse-Darmstadt fut le dernier survivant du démantèlement du Saint-Empire. Il continuera à exister durant l’Empire allemand, en tant que grand-duché de Hesse. Le landgraviat de Hesse-Cassel cessa pour sa part d’exister en 1803. La Finlande a-t-elle eu un roi et a-t-elle été une monarchie ? Oui, il s'agit de Frédéric-Charles. Il était le fils de Frédéric-Guillaume, chef de la famille de Hesse-Cassel prétendant au trône de l'ancien landgraviat et de la princesse Anne de Prusse. À la mort de son père, c'est son frère aîné, Alexandre, qui lui succéda à la tête de la famille. Alexandre abdiqua » de sa position à cause d'une infirmité physique et de son mariage considéré comme morganatique avec une baronne. C'est ainsi que l'ancien roi de Finlande hérita du titre de chef de famille, en 1925. En 1893, Charles-Frédéric avait épousé la princesse Marguerite de Prusse. Ils ont eu 6 enfants. À la mort de Charles-Frédéric, c'est son troisième fils, Philippe, qui deviendra chef de la Maison, les deux premiers étant morts durant la Première Guerre mondiale. Sources Esperanto Nord, Monarchie-Noblesse, Britannica Sylviane Lamant Sylviane est diplômée en Littérature française. Biographe et professeur, elle partage avec Histoires Royales sa passion pour l'histoire. Charlemagne 742-814 est un roi franc puis un empereur d’Occident qui a régné de 768 à 814 et a donné son nom à la dynastie des carolingiens. Fils aîné de Pépin le Bref, il règne seul après la mort de son frère Carloman en 771 sur un domaine qui recouvre alors la Gaule et une partie de la Germanie. En 774, il se proclame roi des Lombards et débute sa politique d’expansion, menant de nombreuses campagnes militaires. En 46 années de règne, il fait du royaume franc le plus vaste territoire depuis la chute de l’Empire romain. Soutenu par la papauté, car il impose le christianisme aux peuples vaincus, Charlemagne est couronné empereur d’Occident le jour de Noël 800. Appelé l’empereur à la barbe fleurie », il est connu grâce à la description qu’en a donné le chroniqueur Eginhard, qui a rédigé vers 830 la Vie de Charlemagne. La jeunesse de Charles La date précise de naissance de Charlemagne est sujette à controverse. La date communément admise est celle du 2 avril 742 et se base sur le récit d’Eginhard, abbé et intellectuel du IXe siècle. Le lieu de naissance n’est nullement mentionné cependant. Plusieurs historiens situent sa naissance en Austrasie, le nord-est de la France actuelle. Fils de Pépin Le Bref et de Berthe au grand pied, la naissance de Charles se serait faite dans l’illégitimité. En effet, ses parents se seraient mariés religieusement entre 743 et 744, soit plus d’un an après sa venue au monde. Tout ceci participe à la dispute entre les historiens sur la date et le lieu exacts de sa naissance. Il se fit baptiser en 754 par le pape Etienne III qui venait rendre visite à son père. Dans sa jeunesse, le jeune Charles n’apprend pas à écrire. Il rattrapera cette lacune à l’âge adulte. Cependant il sait lire et connait un peu le latin. Mais les sources qui évoquent son enfance et sa jeunesse ne sont que trop rares, voire inexistantes, pour dresser un portrait exact du petit Charles. On sait toutefois qu’il fut très attaché à sa sœur, l’extravagante Ghisla, un peu plus jeune que lui. Une enfance qui, pour une grande part, reste mystérieuse. Les épouses de Charlemagne Officiellement, Charlemagne a eu six épouses. Officieusement, il a eu de multiples aventures. Physiquement, son biographe Eginhard le décrit ainsi D’une large et robuste carrure, il était d’une taille élevée, sans rien d’excessif d’ailleurs, car il mesurait sept pieds de haut 1m90. Il avait le sommet de la tête arrondi, de grands yeux vifs, le nez un peu plus long que la moyenne, de beaux cheveux blancs, la physionomie gaie et ouverte. On ne remarquait même pas que son cou était gras et trop court et son ventre trop saillant. Il avait la démarche assurée, une allure virile. La voix était claire, sans convenir tout à fait à son physique». L’homme bénéficie apparemment d’un physique avantageux et d’une stature impressionnante, surtout pour l’époque où l’homme mesurait en moyenne 1m67. Son premier mariage date de 768. Il épouse Himiltrude, fille d’un comte de Bourgogne. Deux ans et deux enfants plus tard, il la délaisse et prend pour épouse Désirée, fille du roi des lombards, Didier. Ce mariage, avant tout politique, est rapidement abrégé sous prétexte de stérilité. Charlemagne, alors âgé d’une trentaine d’années, épouse une jeune fille de treize ans, Hildegarde. Neuf enfants plus tard, elle meurt en 783 d’une fausse couche. Pour se consoler et deux mois après, Charlemagne prend pour épouse Fastrade qui lui donnera deux filles. Celle-ci décède en 794, elle est immédiatement remplacée par Liutgarde, âgée de dix-huit ans et fille du comte d’Alsace. Elle s’éteint en 800 et huit ans plus tard, notre Dom Juan carolingien entre en concubinage avec Gerswinde, fille du roi des Saxons. Elle lui donne une fille à l’âge de soixante six ans. A côté de ses épouses officielles, Charlemagne eut de nombreuses aventures, notamment avec sa sœur Ghisla vers 771. Celle-ci serait même tombée enceinte. Par honte et déshonneur, Charlemagne s’empresse de lui trouver un époux, Roland, et édicte dans le même instant un capitulaire interdisant l’inceste. Charlemagne aura eu dix-sept enfants au total. Toutes ces unions ne sont pas sans significations. Charlemagne ne choisit pas ses épouses par hasard. Ce sont avant tout des choix politiques qui visent à gagner la confiance de ses ennemis. Ainsi il dira lui-même Moi seul ai le devoir et le droit de prendre femme. Dans une famille comme la nôtre, le mariage ne doit servir qu’à conclure des alliances, payer des dettes, ou assurer un héritier au trône … ». Carolus magnus, un monarque bien entouré A regarder de près les sources, on sait finalement peu de choses sur la vie personnelle de Charles. Les seuls compagnons qu’on lui connaît vraiment sont ses frères d’armes avec qui il part en campagne. L’un de ses plus fameux comparses n’est autre que Roland 736-778 dit le preux. Neveu de Charlemagne, Roland est un chevalier franc qui a laissé son nom à la célèbre chanson de Roland. Comte de la marche de Bretagne il est aussi très proche de son oncle. Lors de la bataille de Roncevaux 778 où il périt, alors que l’armée de Charles bat en retraite, Roland est ses soldats se retrouvent pris en embuscade entre deux falaises. Ce dernier emmanche alors son épée Durandal et livre bataille. Rapidement en sous-nombre, il souffle dans son olifant pour appeler à l’aide son ami Charles. Ce dernier arrivera trop tard. Lorsqu’il voit la dépouille de son neveu, il la serre fort dans ses bras et se serait exprimé ainsi Il n’y aura jamais de jour que je ne souffrirai en pensant à toi. ». Pour gérer son vaste domaine depuis son palais d' Aix la Chapelle, Charles a installé dans tout l'empire des "comtes", issus de l'aristocratie ou guerriers confirmés. A la tête de régions homogènes, ces derniers sont chargés d'administrer leur territoire au nom du rex, que ce soit pour y faire régner l'ordre, y rendre la justice ou prélever l'impôt. Les distances aidant, les comtes prennent rapidement un peu trop de libertés. Pour affirmer son autorité, Charles recours aux "missi dominici". Ces "messagers du maître", un clerc et un laïc, parcourent sans relâche le royaume pour informer des décisions royales et veiller à leur application. Le système se retournera rapidement de son objectif initial et deviendra la base du système féodal. A la cour, nombre de lettrés viennent voir le souverain carolingien. Alcuin d’York est un proche conseiller de l’empereur. Il fut à la tête de la plus grande école de l’empire, l’Académie Palatine. Eginhard dira de lui qu’il est l’homme le plus savant de sons temps ». Dungal de Bangor, moine irlandais, est l’astronome officiel de Charlemagne. Il est le précurseur de ce que développera sept-cents ans plus tard Nicolas Copernic. Bien d’autres lettrés se bousculent à la cour comme Eginhard, Théodulf ou encore Raban Maur faisant de l’ empire carolingien un lieu où les hommes échangent leurs savoirs. Charles était proche de sa mère, Berthe au grand pied. Celle-ci serait même intervenue dans les affaires politiques de son fils. Ainsi, certains écrivent que Berthe aurait poussé Charles à épouser Désirée, fille du roi lombard, pour conclure une alliance. Pour la petite histoire, leur étroite relation s’envenima le jour où Carles traita sa mère de putain ». Celle-ci lui aurait alors rétorqué Mon fils, n’évoque pas mes infidélités, cela pourrait te revenir en pleine figure ». Charlemagne, un homme de guerre... Sa vie politique » débute réellement en 768, lorsque son père Pépin Le Bref lègue son royaume, récemment grossi par l’Aquitaine, à ses deux fils Charles et Carloman. Les deux frères ne s’aiment guère et se disputent le royaume. Finalement Carloman meut en 771, Charles devient le seul à la tête du royaume franc. En cette deuxième moitié du VIIIème siècle, le royaume franc est le seul état stable et viable de l’Europe qui ait émergé des invasions barbares et de la chute de l’Empire romain. L’Espagne wisigothique a été anéantie par les musulmans, l’Italie est découpée entre lombards et byzantins, l’Europe centrale et du nord morcelée en une multitude de royaumes et nations barbares aux contours mal définis. Le royaume de Charles est puissant mais cerné de toutes parts. Déjà fortement teinté de féodalité, la société franque est organisée de façon pyramidale et clientéliste. Les seigneurs, propriétaires terriens, s’attachent à leur service des hommes libres, leurs vassaux, qui en échange de leur bras armé se voient offrir gîte, couvert, et nombreux dons, ce qui coûte cher. Or, le contexte économique de l’époque n’est guère brillant. L’industrie a disparu des villes pour se réfugier à la campagne, autour de fermes érigées en villas sur le modèle romain, et qui fonctionnent en quasi autarcie. Cela fait déjà bien longtemps que la paix romaine n’assure plus la sécurité des échanges commerciaux, et la monnaie se fait rare. La terre étant la seule richesse de l’époque, il n’y a d’autre choix pour entretenir le système que d’aller prendre celle du voisin. Dès 772, Charles entreprend ses premières expéditions chez les Saxons qu’il finira par soumettre, non sans difficultés, définitivement en 804. En 785 il promulgue le capitulaire saxon qui impose le baptême aux Saxons et punit de mort l’attachement aux rites païens. En 774, il s’empare de Pavie et prend la couronne de Didier, roi déchu des lombards. Entre 785 et 801, il s'empare de Barcelone et conquiert ce que les historiens appellent la Marche d’Espagne la Catalogne actuelle. C'est au retour d'une expédition par delà les Pyrénées que Charles connaîtra un grave revers à Roncevaux, son arrière-garde tombant dans une embuscade tendue par des basques. La force de Charles réside dans la qualité de son armée et dans la rudesse, voire même l’atrocité, avec laquelle il livre bataille. Le service militaire, l'Ost, est obligatoire dans le royaume. Mais les effectifs restent tout de même relativement modestes avec 5 000 cavaliers lourds, 36 000 cavaliers légers auxquels s’ajoutent nombre de fantassins[9]. L’armée gagne car elle est bien formée, sa cavalerie cuirassée perce aisément les rangs ennemis. La rapidité de manœuvre et la stratégie de tenaille assurent des succès décisifs à chaque campagne. A sa mort, Charlemagne aura unifié un territoire qui s’étend de la Saxe au Nord jusqu’en Navarre ou à Rome au Sud et de l’Aquitaine à l’Ouest jusqu’en Carinthie Autriche à l’Est. Certains voient en sa personne l’empereur qui est parvenu à reconstruire une nouvelle Rome ». A ce propos, peu de temps après son couronnement, Charlemagne fait inscrire sur plusieurs sceaux la formule Renovatio romani imperii, preuve du désir qu’il a de reconstruire l’empire romain. ... et un homme de foi Tout au long de son règne, Charlemagne ne cesse de propager la foi chrétienne. Toutes ses conquêtes sont accompagnées d’une conversion au catholicisme, pour la plupart du temps forcée. L’unité de la foi est le véritable ciment de l’empire. Dans cette vision de l’Etat », l’empereur à pour mission de conduire son peuple au salut. Pour ce faire, Charles intervient à de multiples reprises dans la définition du dogme. En 794, lors du synode de Francfort, assemblée délibérative d’ecclésiastiques, il fait condamner une hérésie diffusée en Espagne. Il s’oppose violement au concile de Nicée en 787 et confie à Théodulfe, homme d’église et lettré de l’époque carolingienne, la rédaction d’un dossier de controverse, le Libri Carolini. Lorsque Charlemagne s’empare d’un territoire, il édicte aussitôt des capitulaires qui visent à convertir la population assujettie. L’un des plus célèbres » est le capitulaire saxon qui, en 785, impose le baptême forcé aux Saxons et punit de mort l’attachement aux anciens rites païens. Ce texte qui impose la loi de l’empereur, ressemble au lointain code d’Hammourabi sur la forme et s’exprime en ces termes quiconque entrera par violence dans une église … sera mis à mort. Quiconque tuera un évêque … sera condamné à mort. Désormais tout Saxon non baptisé qui cherchera à se dissimuler parmi ses compatriotes et refusera de se faire donner le baptême, voulant demeurer païen, sera mis à mort …. ». Le couronnement de Charlemagne comme empereur romain d'occident en l'an 800 s’est avant tout fait sur des bases idéologiques religieuses. Lorsqu’il étend son royaume, il étend l’Eglise du Christ. Charlemagne a vocation à rassembler tous les peuples occidentaux en un même empire qui lui-même s’identifie à l’Eglise. C’est donc dans cet esprit là qu’il se laisse couronner empereur des romains, le 25 décembre 800 à la basilique Saint-Pierre de Rome, par le pape Léon III. Un propagateur de culture Installé dans sa nouvelle capitale d'Aix-la-Chapelle, qui a pour avantage d’occuper une position centrale en son Empire, ainsi que de disposer des giboyeuses forêts, Charles attire autour de lui nombre d’intellectuels, d’artistes et de lettrés, les plaçant parfois à des postes clefs de nombreux italiens, le poète et historien Paul Diacre, le grammairien Pierre de Pise, l’anglais Alcuin, le plus érudit de son temps, à qui il confie les écoles de la capitale. Il encourage la diffusion du latin, et les monastères se remplissent de copistes et d’enlumineurs. Ce foisonnement culturel et religieux, on parle alors de renaissance carolingienne », contribue de façon significative au fondement d’une Europe chrétienne et romane. Pour beaucoup, ce sacré Charlemagne serait l’inventeur de l’école. L’empereur carolingien n’a pas inventé » l’école en soit, dont on retrouve des traces jusqu’à l’an 3 000 av en Egypte, mais a été le premier souverain à réellement légiférer sur la mise en place de cadres scolaires. Le texte le plus important est l’Admonitio Generalis rédigé en 789. Le texte préconise une instruction avancé du clergé qui à son tour pourra dispenser une éducation au peuple, le tout dans la foi chrétienne. L’Admonitio engendre nombres d’écoles et son enseignement constituera la base de la culture scolaire et universitaire de tout le Moyen Âge au travers la mise en pratique des sept arts libéraux qu’il diffuse. L’un des objectifs premiers est de restaurer le latin afin de traduire les textes religieux. Grâce au système que Charlemagne met en place, la foi chrétienne peut se propager beaucoup plus facilement. L’empereur carolingien permet aux arts de se développer, à la culture gréco-latine de refaire surface, aux lettrés d’Europe d’échanger leurs cultures au sein de la cour royale en particulier. Cette période de renouveau culturel sera désignée plus tard comme "renaissance carolingienne". Charlemagne, Père de l’Europe ? En fait d’Europe unifiée, l’Empire est constitué d’une myriade de peuples disparates, aux coutumes, lois et langues non moins différentes, qui ont souvent pour seul point commun d’être soumis à l’autorité de l’Empereur. Ses sujets ont bien peu conscience à l’époque de faire partie d’un ensemble homogène. On commence cependant à les désigner et les identifier comme Européens, par opposition aux musulmans infidèles » du sud et aux païens slaves de l’est. Installé dans sa nouvelle capitale Aix-la-Chapelle, qui a pour avantage d’occuper une position centrale en son Empire, ainsi que de disposer des giboyeuses forêts, Charles attire autour de lui nombre d’intellectuels, d’artistes et de lettrés, les plaçant parfois à des postes clefs de nombreux italiens, le poète et historien Paul Diacre, le grammairien Pierre de Pise, l’anglais Alcuin, le plus érudit de son temps, à qui il confie les écoles de la capitale. Il encourage la diffusion du latin, et les monastères se remplissent de copistes et d’enlumineurs. Ce foisonnement culturel et religieux, on parle alors de renaissance carolingienne », contribue de façon significative au fondement d’une Europe chrétienne et romane. Y avait-il un grand dessein politique de la part de celui qui se faisait désigner de son vivant tout autant comme Pater Europae », père de l’Europe que comme Europa vel regnum Caroli », l'Europe, ou le royaume de Charles, soit une vision très personnelle de ses réalisations ? Charlemagne semble plus soucieux d’assurer sa postérité que de faire perdurer son œuvre dans le temps. Dès sa mort, l’Empire est partagé entre ses fils et petits fils selon l’ancienne coutume barbare franque, et il explose rapidement en de nombreux Etats qui vont se faire la guerre pendant près de mille ans. L’idéal romantique d’une Europe chrétienne unifiée par Charlemagne est assez contemporain, magnifié notamment au XIXème siècle par Victor Hugo et ne correspond que de loin à la réalité de l’époque. Il n’en reste pas moins que cet éphémère Empire carolingien, véritable pont entre l’antique période romaine et barbare et l’Europe médiévale naissante, a semé les germes d’un héritage politique, culturel et religieux dont la plupart des européens d’aujourd’hui peuvent se réclamer. On l’aura compris, tout au long de son règne qui fut extrêmement long, Charlemagne n’aura eu de cesse de propager la foi chrétienne au sein de toute l’Europe occidentale. Si certains le considèrent aujourd’hui comme père de l’Europe », on peut penser que lui-même n’a jamais pensé de cette manière là. Sur le plan politique et spirituel, deux principales préoccupations l’animèrent reconstruire l’ empire romain et diffuser la foi chrétienne. Sur le plan personnel, Charles aura marqué son temps grâce à l’importance qu’il a su donner à son royaume. A sa mort le 28 janvier 814, son fils Louis le Pieux qui lui succède ne pourra empecher la dislocation de l'empire carolingien. Vie de Charlemagne, la plus ancienne biographie de l’empereur Ecrite en latin vers 830 ou 836 par l’historien franc Eginhard, la Vita Caroli Magni est largement inspirée de la Vie des douze césars de Suétone, et notamment du chapitre consacré à la vie d’Auguste. Calquant la structure de l’œuvre latine, l’exposé d’Eginhard commence au moment où les Carolingiens deviennent maires du palais avant de relater le règne de Charlemagne à proprement parler. Les conquêtes du Carolingien, dont la célèbre bataille de Roncevaux au cours de laquelle périt Roland, sont amplement détaillées. Une description de l’empire nouvellement fondé, de son gouvernement interne, des relations diplomatiques que Charlemagne développe avec les souverains voisins, renseigne avec précision sur l’histoire de ce règne. Plus précieux encore, Eginhard, au service de l’empereur durant les vingt dernières années de son règne, approche suffisamment Charlemagne pour en dresser un portrait homme large et robuste », Charlemagne est décrit comme un homme extrêmement pieux, protecteur des arts et des lettres, d’une grande curiosité intellectuelle, laquelle l’a poussé à apprendre le latin. À une période de troubles successoraux, l’objectif d’Eginhard est de magnifier le règne impérial de Charlemagne. Ce panégyrique use ainsi de nombreux qualificatifs pour présenter le souverain roi vertueux, sage, courageux et fin stratège, Charlemagne offre les traits d’un modèle gouvernemental. Œuvre maintes fois recopiée dans les scriptoria, comme en témoignent les nombreux manuscrits conservés jusqu’à nos jours, la Vita Caroli Magni a eu un grand écho auprès des contemporains d’Eginhard. La première édition imprimée de la Vie de Charlemagne a été réalisée à Cologne en 1521. Bibliographie - De georges Minois, Charlemagne, Editions Perrin, mars 2010. - De Jean Favier, Charlemagne. Fayard, 1999. - De Georges Bordonove, Charlemagne Empereur et Roi. Pygmalion, 2008.

le roi est empereur en son royaume